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 perfect graveyard of buried hopes.

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Poppy Bloom
- all yours from the collarbone down
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Messages : 971
Avatar, © : vikander; avatar smoaks, icons pinterest+clau ♡
Pseudo : ivy.
Age : twenty-seven.
Job : linguist, word collector.
Status : petrichor.
Top wishes : for spring to come.

THE GHOST IN YOUR SMILE;
Mood: actual holly golightly.
Relationships:
RP: fr/en, (full) bianca, basil, marcus, reese, cornelia.

Message(#) Sujet: perfect graveyard of buried hopes.   Mer 18 Oct - 19:14



( penelope bloom )
but darling, don't you know?
there's no such thing as an unhaunted house

i | one thousand paper cranes

nom complet ▪️ penelope peucag bloom. c'est beau, sur le papier, penelope. c'est trisyllabique, mythologique, royal. elle comprend ce choix. elle l'apprécie. elle reproche simplement à ses parents le manque de vue à long terme causé par l'excitation de la naissance. peut-être qu'ils imaginaient que le diminutif favori serait 'penny'. sauf que, loi de murphy aidant, ça a été poppy. le coquelicot. elle a les épaules larges, poppy, elle a la détermination confiante. mais bon sang, même pour elle, 'poppy bloom', la double référence florale, c'est un peu beaucoup. âge, date et lieu de naissance ▪️ née un treize août à fortingall, poppy a désormais vingt-sept ans. le grand two seven, romantique et maudit. à vingt-sept ans, james dean était mort et légendaire. à vingt-sept ans, janis joplin avait changé le monde. à vingt-sept ans, poppy, elle a toujours besoin d'aide pour ouvrir son bocal de sauce tomate. sauf que, depuis la mort de son père, depuis que sa mère s'est réfugiée dans le désespoir et la thalasso, il n'y a plus personne. ça fait six mois qu'elle mange ses pâtes nues. il n'y a qu'elle, port de tête aristocratique, incapable de mettre son égo de côté. de tendre la main, dans l'espoir que quelqu'un la lui prenne. de demander un peu d'aide. origines et nationalité ▪️ il n'y a pas plus local que les bloom. poppy, elle a son chardon dans le coeur. elle est aussi écossaise que la cornemuse et le whisky. et, à l'instar de la cornemuse et du whisky, elle n'est appréciée que des plus fins connaisseurs. occupation et situation financière ▪️ poppy, elle a fait ce que les gens qui s'éprennent pour les études font. elle n'a jamais cessé d'étudier. elle a presque peur du monde réel, de la perspective d'aller se frotter les phalanges contre l'inconnu, contre le réel. alors elle s'est claquemurée dans les archives, dans les livres, dans les mots. amoureuse des langues, de son écosse natale, elle a un PhD de la prestigieuse université d'édinbourg en linguistique et littérature nationale. pour le moment, elle se consacre à la rédaction d'un livre sur la sémantique du gaélique dans les légendes (sois mignon et ravale ton bâillement ). si elle peut se permettre ce job qui n'en est pas un, de vivre par passion, de vivre sur le papier, c'est grâce à la cossue fortune familiale, et l'épais héritage laissé par son père. statut civil ▪️ elle aime les hommes, poppy. elle aime les pulls trop grands et les voix trop graves. elle aime les mâchoires acérées et les bras murailles. elle aime les hommes et il est bien là, le problème. parce que c'est faux, un homme, c'est mesquin, c'est changeant. le moindre chromosome xy qui a posé son empreinte sur elle, en vingt-sept ans d'existence, n'a laissé sur sa peau que des traces de déception. lui a laissé un goût amer d'échec sur le palais. célibataire papillonnante, désillusionnée, elle prétend accorder son coeur le temps d'une semaine, de trois rendez-vous, de quelques baisers et d'une averse, mais tôt ou tard, elle le reprend. ouvre un à un les doigts de son amant, fermés autour du myocarde, et s'en va sans regarder en arrière. parce qu'ils ne parviennent pas à faire battre l'organe. parce qu'ils ne sont pas lui. sa main est dans la tienne, mais son regard est sur la porte. du haut de vingt-sept ans de fatalité devenue fatalisme, elle cite isabelle rae dans un murmure :"i knew that if for whatever reason this didn’t work out with him, he would always be the one i compared everyone else to." situation familiale ▪️ les bloom à fortingall, c'est une histoire qui dure. promène-toi au cimetière et tu verras des générations et des générations de pierres tombales. fastueuses, opulentes - toujours fleuries. il y a les deux dernières, celles qui font mal, les plaies ouvertes. 'agatha bloom, 1985-1998' - sa grande soeur, pour huit années seulement. sa grande soeur qui, à jamais, en aura treize. qui, pour toujours, aura le coeur trop petit, trop faible. et, juste à côté : 'robert bloom, 1952-2016'. perdre une fille et un mari a été dur pour les nerfs de madame bloom qui est allée trouver l'anonymat ailleurs. elle rentre occasionnellement à fortingall, le temps d'un week-end, mais ne parvient pas à y rester. le souvenir et les murmures la font plier. tout ce qu'il reste des bloom, c'est poppy. un fantôme dans sa propre maison. une silhouette bien trop fragile pour parvenir à remplir la demeure familiale, pour prendre l'ascendant sur les fantômes. qui ose à peine déplacer les bibelots de peur de faillir à la mémoire. traits de caractère ▪️ loyale, entêtée, battante, contemplative, audacieuse, érudite, tolérante, sensible, têtue, douce, excessive, optimiste, impulsive, arrogante, spontanée, observatrice, secrète, confiante, snob, tactile, n'a pas peur d'exprimer ses opinions, dépensière, mutine, solaire, craintive socialement, méfiante, analytique, généreuse, patiente, parfois instable. groupe ▪️ (timid) spring.

ii | drop of rhum on my tongue

depuis quand vivez-vous à fortingall ? quel est votre ressenti sur la ville ? vous y plaisez-vous ou envisagez-vous un déménagement éventuel ? à quel point êtes-vous impliqué dans sa communauté ? ◦ poppy a toujours vécu à fortingall sauf que, depuis un mois, elle y vit dans ses cartons. du sol au plafond, elle en a rempli le manoir familial, lui qui est grand, ancestral, forçant le respect, à l'image du patronyme, ou du moins il en était ainsi autrefois. continuelle indécise, perpétuellement déchirée, elle vit chaque décision comme un saut d'une falaise, sans savoir ce que la gravité lui fera rencontrer à l'arrivée, d'une mer calme ou d'un amas de rochers. elle aime fortingall, lui a donné son sang, ses larmes, ses fleurs. poppy bloom, femme buisson, ses racines sont profondes. après tout, c'est le seul endroit où il lui reste encore de la famille, bien qu'elle se trouve sous une pierre tombale. il y a ici, et il y a l'appel d'ailleurs. de la guérison. une envie de renouveau mâtinée de l'impression tenace de n'être qu'une lâche. sans les maux qu'elle porte à la poitrine, entre les tempes, sous les paupières, son départ potentiel ne serait que ça : un départ. mais, qu'elle le veuille ou non, la douleur en a fait une fuite. comme le dirait harburg, "my heart wants roots, my mind wants wings. i cannot bear their bickerings".
décrivez-nous un automne mémorable. pourquoi est-il si spécial à vos yeux ? ◦ l'automne 1997, qui est mémorable de ne l'avoir absolument pas été. morne, routinier, exactement comme tous les autres. et c'est dur, quand on n'en a vécu que sept, de considérer un automne exactement comme les autres. il y avait la cannelle, la cire à bois, la pluie, parfois assourdissante, qui faisait grimper le lierre à toute vitesse sur la facade, assombrissant la maison jusqu'à ce que papa enfile son anorak et s'en aille combattre la nuit végétale à renforts de grands cris rageurs. il y avait les jolies coiffures qu'agatha lui tressait le long du visage, les gâteaux aux noix, dr seuss, les chutes dans l'escalier - pourquoi maman devait-elle en polir la rampe à longueur de journée ? - le clársach et les spice girls, harry potter, l'ennui, le glace des fenêtres et la tiédeur de l'âtre. un automne oubliable. un automne pourtant jamais oublié. pour poppy, à jamais, le dernier automne de sa soeur.

Elle a horreur du mensonge, Poppy. Elle est tendre, compréhensive, tellement humaine – et si elle a l'absolution facile, c'est la seule offense qu'elle est incapable de pardonner. Il en est ainsi depuis l'enfance et, au fond d'elle, elle a toujours su que c'est cette facette d'elle-même qui l'a menée à la linguistique, l'étude poussée de tout ce que les lèvres humaines laissent échapper. Elle n'a jamais pris la peine de fouiller son passé pour en trouver l'origine. Peut-être qu'elle en veut secrètement aux siennes, de lèvres, d'avoir trop formulé "I'm fine" après la mort de sa sœur, de s'être fendues en un sourire rassurant durant des années – alors que, merde, d'avoir trop gardé les larmes à l'intérieur, elle se noyait. Peut-être que si elle avait arrêté les antiphrases, envoyé un bulldozer dans la façade, elle aurait guéri bien plus vite, bien plus durablement. Poppy, elle s'est gavée de mensonges jusqu'à en faire une indigestion. Demande-lui si elle va bien, aujourd'hui, et elle hochera la tête. Sourira. Haussera les épaules, l'air de trouver la question absurde. Et toi, tu n'y feras pas attention. T'y croiras. Tu ne remarqueras pas qu'elle n'a jamais verbalement répondu à cette question. Car Poppy, si elle ne peut pas dire la vérité, elle ne dira rien. ♖ Elle joue du piano. Avec délicatesse, mais sans passion – du moins, à l'origine. Ça n'a pas été un choix : la terre sous la tombe de sa sœur était encore meuble quand ses parents l'ont assise sur le tabouret devant le piano droit, dans la véranda. Parce qu'il fallait bien l'utiliser, pas vrai, ce n'était pas un petit décès de rien du tout qui allait remplir la maison de silence, qui allait suffire pour qu'Agatha disparaisse réellement, right Dad, right Mum? Métaphore de toute une vie : par obligation, par docilité, Poppy est allée s'asseoir dans l'empreinte du corps de sa sœur. ♖ Poppy Bloom. Ça sent les fleurs des champs et le printemps, les herbiers qu'on crée quand on est gosse et les flacons de parfums que les grands-mères offrent aux petites-filles. Peut-être que si ce n'était pas pour l'onomastique, Poppy ne se serait jamais éprise des plantes. Nul ne le saura jamais. Quoi qu'il en soit, elle s'en est fait un hobby, un besoin : elle avait quatorze ans lorsque, apprenant que son premier petit ami s'était lassé d'elle et était gaiement passé à autre chose sans avoir pris la peine de l'en informer, elle est allée se planquer dans la verrière surannée. Vieille structure branlante dans le fond du jardin, désaffectée depuis plus d'une génération. Elle voulait se soustraire au regard inquisiteur, étouffant de sa mère et laisser les larmes rouler en paix. Les larmes ne vinrent jamais, furent remplacées par l'inspiration. Les larmes ne vinrent jamais car, Poppy, la flotte, elle la réserve pour les occasions spéciales. Peut-être qu'elle avait besoin d'un projet, d'une occupation. De faire naître quelque chose, au lieu de tout voir mourir sous ses doigts. Elle a embarqué (de force) ses amies dans le grand réaménagement et, en moins d'un an, l'endroit était devenu fleuri, grandiose, son sanctuaire et leur Q.G. Encore actuellement, la tradition tient debout. Tous ses anniversaires depuis, sans exception, Poppy les a passés sous le toit de verre, en compagnie des trois amours de sa vie et d'un parterre de tulipes. Des Agathes, plus précisément. ♖ Du premier amour au dernier, les passions sont toutes parties en fumée, ne lui laissant rien d'autre que quelques braises sous la langue. De quatorze ans à vingt-six, elle s'est donnée à corps perdu, Poppy. Elle a ri aux éclats et a déversé tout son être dans chaque baiser, elle a laissé ses hanches dire les choses que les mots n'expriment pas. Elle y a cru, Poppy, chaque fois. Ou du moins, c'est ce qu'elle aime à se dire. Etant un individu logique, éduqué, observateur, elle serait supposée tirer des leçons de ses catastrophes. Et pourtant, ça recommence. Elle embarque pour un nouveau tour de grand roue, malgré le vertige, malgré l'expérience. Quand elle a trop bu, baignée de la lucidité que seule l'ébriété inspire, elle se dit que c'est sa propre faute. Qu'elle cherche l'échec. Car aller droit dans le mur, c'est sécurisant. Elle a peur de l'inconnu, elle craint le grand saut. Et quand on se dirige droit vers la fin, au moins, on sait où on va. ♖ Elles en parlaient, allongées dans la serre, serrant entre leurs doigts les premières bières et les premiers rêves. Elles en parlaient, des endroits lointains qu'elles allaient visiter, des discours qu'elles allaient prononcer, des prix qu'elles allaient recevoir. Elles allaient faire claquer leurs langues et leurs talons dans les endroits les plus prestigieux du continent. Elles allaient conquérir le monde, toutes les quatre – mais il y a toujours bien eu une raison de ne pas se lancer, une attache, un obstacle. Poppy, son ancre, elle était double, elle était puissante, elle était parentale. Poppy, c'est l'enfant fantôme d'un couple qui a perdu l'aînée. Qui a tout rejeté sur la cadette, espoirs, affection, craintes. Elle ne peut même pas leur en vouloir d'avoir fait une projection d'une gamine à l'autre. Elle comprend, Poppy. Elle comprend que la souffrance de perdre un enfant, ça dépasse tout, c'est une douleur toute-puissante, monstrueuse, et que s'il a fallu qu'ils prétendent n'avoir jamais perdu Agatha pour ne pas se laisser ronger vivants par la peine, qu'il en soit ainsi. Glad she could help. Poppy, c'est le phare qui survit à la tempête. Que les vagues écaillent mais n'abattent pas. C'est le roseau qui plie mais ne rompt jamais. Elle n'a pas eu le choix. À la mort de sa sœur, elle a été la béquille qui a maintenu ses parents debout. Huit piges et déjà le monde sur les omoplates. Elle a pris son rôle à bras-le-corps : elle tient bon. Quoi qu'il arrive, elle tient bon. Sous l'apparence fébrile, elle a le courage félin, elle a la détermination acharnée. Elle affronte tous les drames avec recul, avec raison, 'this too shall pass' tatoué sous les paupières. Elle n'a jamais pleuré que pour deux évènements : le décès de sa sœur et celui de son père. Les cœurs brisés, les opportunités piétinées, les orteils cassés – rien de tout ça n'est suffisamment digne pour mériter une larme. ♖ Son ancre n'est plus. Papa est mort, Maman est partie. Celle-ci rentre peu à Fortingall, reste chez une amie à Glasgow, passe son temps à la côte, en spa, en thérapie. En faisant le deuil de son mari, elle a fini par faire celui de sa fille. Son ancre n'est plus. Poppy, désormais, elle est légère. Libre, à presque trente ans, de suivre la voie qu'elle désire, de se laisser porter par le vent. Dans ces conditions, elle aurait dû sauter de joie lorsque l'University College de Dublin lui proposa un job d'assistant lecturer au sein de leur section gaélique. Elle aurait dû. La paie est plaisante, le statut prestigieux – il faudrait être folle pour refuser. Mais il est là, le problème. Peut-être qu'elle l'est, folle, car cela fait deux semaines que l'offre est sur la table et qu'elle n'a pas encore été foutue de l'accepter. Commencer en février, quelques mois pour déraciner sa vie jusqu'en Irlande, ou s'emmurer ici ad vitam aeternam. Elle a dit oui, sans y croire. Sans le vouloir vraiment. Les filles le lui ont répété cent fois, qu'elle n'a pas le droit de laisser passer une opportunité pareille, qu'elle ne se le pardonnerait jamais si elle reste. Et elle le sait, tout ça, putain, elle le sait - mais le chant des sirènes n'est pas suffisant pour faire taire le pouvoir des souvenirs. La voix de deux fantômes et le rire d'un espoir. ♖ Force des choses - ou peut-être du nom, d'une loyauté trop grande, dévorante, à la tradition - Poppy, elle n'est jamais passée par la case "acheter une maison". Elle a pourtant fait le reste dans l'ordre, étape par étape, docile sujette du vingt-et-unième siècle : elle a grandi chez papa-maman, fait tous les choix faciles, toutes les erreurs standards, a passé six ans à Edimbourg pour étudier, rentrant les longs week-ends et les anniversaires. Et alors que toute la populace de son âge coupait le cordon et, gonflés à l'hélium et l'espoir, se dispersaient aux quatre vents, Poppy est rentrée. Chez papa-maman. À désormais vingt-sept ans, elle n'en est plus jamais partie. Faut dire que, chez les Bloom, le patrimoine immobilier a sa particularité. Car, chez les Bloom, le "chez papa-maman" ne s'arrête pas à eux - le tiret s'allonge, s'additionne, se multiplie jusqu'à comporter quatre générations de plus. Le petit manoir "à la française" de pierre grise existe depuis le dix-septième siècle, mais n'est rentré dans la famille Bloom qu'en 1902. Affectueusement surnommé "le Cottage" par une famille qui a appris à paraître humble plus vite qu'à vivre humblement, l'endroit est grand. Déjà trop spacieux pour quatre, il l'était d'autant plus pour trois. Maintenant qu'elle y vit seule, Poppy s'y noie. Avant, quand son père était encore là, remplissant la bâtisse de ses octaves graves et de sa connaissance encyclopédique du lieu, tout était facile. Maintenant qu'elle ne peut compter que sur elle-même, Poppy s'est pris de plein fouet l'envers du décor. Il y a les corniches défectueuses, les pierres qui s'effritent, la chirurgie délicate réalisée par quelques connaissances serviables, ou ses propres deux mains et un tutoriel sur youtube. Et Poppy, elle n'en peut plus. Elle a le coeur lourd de cette solitude, le cul entre deux chaises, entre le devoir de la mémoire et le besoin tout-puissant, annihilant, d'air frais. Elle ne cesse de se résoudre à vendre le Cottage, et changer d'avis le lendemain, se répandant en excuses au pied des pierres. Parce que oui, la maison appartient aux Bloom depuis 1902, son héritage centenaire, cossu. Sa bien-aimée verrière dans le jardin. Mais cela serait bien fait pour eux, tiens, eux tous, son sang, sa chair, de donner un tour de clé, le dernier, et s'en aller, sans un regard en arrière. Ils n'avaient qu'à pas l'abandonner. Parce qu'elle est la dernière. La seule. Car, certes, elle est débrouillarde Poppy. Elle sait tout raccommoder, réparer, rafistoler. Sauf le silence.


iii | the other side of a closed door:
 

_________________

when your name doesn't hurt to say and i think about you less each passing day, when i can't feel your weight; will i miss the way it feels to miss you?



Dernière édition par Poppy Bloom le Mer 10 Jan - 21:45, édité 12 fois
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Poppy Bloom
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Message(#) Sujet: Re: perfect graveyard of buried hopes.   Mer 18 Oct - 19:15



grief is a house where no one can protect you
where the younger sister
will grow older than the older one
where the doors
no longer let you in
or out


"He called me Agatha." Sa respiration était tempétueuse, difficile. Les rouages lourds qui se mettaient en marche pour empêcher à l'air de se transformer en larmes – si elles tendaient l'oreille, elles auraient pu l'entendre dans le sifflement de ses inspirations. Toute cette machinerie qui luttait contre le courant, qui avait empêché, depuis l'enterrement, à la peine de se distiller en pleurs. Elle ne pouvait pas se permettre le chagrin, Poppy. Il y en avait déjà trop à la maison. Il remplissait les pièces de la pourtant si grande demeure à en craquer, tellement condensé qu'il en était dangereux, qu'il menaçait de fendre les murs et faire éclater le cottage en même temps que la famille. "He called me Agatha and I didn't say a thing. Daddy does it all the time, so why would I correct a teacher if even my own dad does it any–" la voix vacilla, la force aussi. La tête entre les genoux, elle se plaqua les paumes contre les yeux, enfonça les coins de ses mains contre ses paupières jusqu'à voir blanc. Et ça n'aurait pas dû la mettre dans un état pareil, ça n'aurait pas dû, elle avait survécu tellement plus dévastateur que cela. Une misérable bourde de la part de son professeur, ce n'était rien. Mais ce n'était pas ça le problème, c'était la façon dont elle avait eu l'impression que le sol s'ouvrait sous elle, qu'elle chutait, chutait à toute vitesse sur sa petite chaise en bois. "That's what I'll always be. Until the end of time. The girl whose sister is dead. The girl whose sister fell on the ground during playtime and never got back up again. That's what they thought, all of them. They thought I didn't hear them whisper but - and I don't even have a right to complain, I know that, I don't have the right because -" Parce que je ne suis pas elle. Parce que je suis en vie. L'inspiration fut graveleuse, rencontra un sanglot à mi-chemin. En un instant, elles étaient toutes autour d'elle, elles avaient érigé les fortifications. Reese avait ses bras autour de la cage thoracique chancelante de Poppy, Thelma posa son menton sur son épaule, tandis que Harper lui caressait le bras. Quatre gamines et un fantôme, assises sur le talus herbeux. Quatre gosses minuscules à qui les adultes avaient réussi à faire croire qu'il n'y a que les émotions des grands qui sont importantes. Quatre fillettes qui prenaient de l'altitude du haut de leur talus/château fort, car si elles étaient grandes, elles aussi, alors ça devait signifier qu'elles avaient le droit d'avoir mal. Pas vrai ?


nothing real can be threatened

en ce six juin de l'année deux mille trois, nous, sous-signées mesdemoiselles reese, thelma, poppy et harper, déclarons "les cent choses à faire avant d'avoir trente ans" comme pacte éternel et inviolable devant absolument être réalisé dans les limites de temps indiquées par son titre, sous peine de mort (et d'avoir vécu une jeunesse merdique)
21. embrasser un inconnu
22. passer la nuit dans la verrière
23. prendre la même photo de nous quatre chaque année
24. passer le permis de conduire
25. adopter un chaton abandonné
26. faire un road-trip à travers le pays
27. courir un marathon
(Are you serious? Have you even met us?)
(Shut up and write.)

28. apprendre à jouer aux échecs
29. retrouver Mrs Timpleton, la prof de maternelle, et lui offrir un sticky toffee pudding
30. apprendre à cuisiner un sticky toffee pudding
31. pardonner à Todd, Louis, Kingsley et tous les connards dans leur genre
32. trouver le grand amour
(What?)
(…)
(Oh, so you think it's just gonna stumble upon us, like some sort of miracle? You think it doesn't take efforts? All I'm saying is: let's write it. This way we know it doesn't pass us by. This way we have to make totally sure it doesn't.)

33. mettre des fleurs sur toutes les tombes oubliées du cimetière
34. passer Noël à Londres
35. fêter nos 30 ans à Dunrobin
35. aller à la librarie tout une après-midi avec Poppy sans broncher
(Pops !)
(Too late. It's on the list. Ha-bloody-ha.)





walking through the front door of my own love story


Douze cartons et un diplôme. Le grand homecoming avait le même goût sucré que l'été dans lequel l'Ecosse venait tout juste de mettre les pieds. Les oiseaux chantaient si fort qu'elle en entendait les mélodies jusque dans ses veines, ou peut-être était-ce simplement l'allégresse qui montait le volume du monde. En quittant sa petite Ford cabossée, elle avait claqué la portière, annonçant son arrivée à tout le voisinage. Bien sûr, puisque la BBC Scotland hurlait dans la maison, personne ne vint à sa rencontre, car personne n'avait entendu. C'était le début de quelque chose de neuf, de frais, d'excitant. Elle avait le monde à ses pieds, Poppy, et retourner chez ses parents, rentrer s'enfoncer dans les habitudes, l'odeur de cannelle et de cire à bois de son enfance, retrouver le vacarme de la BBC ne semblait pas régressif. N'avait rien d'un pas en arrière. C'était la piste de décollage pour le reste de sa vie. "Halò Ma'" Le sac de Poppy alla atterrir sur le comptoir de la cuisine tandis qu'elle déposait un baiser sur le front de sa mère. Elle lui semblait si petite, sa génitrice, si fragile, maintenant que Poppy avait la certitude d'être devenue adulte, de faire partie du club qu'elle avait longtemps envié, de loin. Quelle naïveté. "Is Boban here?" Famille si ancienne, aux traditions si poussiéreuses et bibelots si nombreux que le gaélique faisait partie du quotidien. Que la plus jeune avait décidé de se faire du vieux une carrière. Sa mère désigna le jardin de l'index, tandis qu'elle retournait à la préparation de son gratin et Poppy s'élança à l'extérieur, sourire et robe bain de soleil lui collant tous deux à la peau.  

"Boban, I'm ba-" Ses sandales s'arrêtèrent au seuil de la serre et elle pria que la façon dont sa mâchoire s'était serrée ne soit pas audible. Lui. Elle savait partager, Poppy. Une grande sœur remplacée par trois meilleures amies, cela signifiait ne pouvoir clamer aucune possession comme étant entièrement sienne. Mais ça – la vision de Lui, une après-midi estivale, sirotant une limonade avec son père, dans sa verrière à elle, qu'elle avait aménagée, reconstruite, entretenue et chérie… Son cœur rata un battement. "I'm back," énonça-t-elle, gaité feinte dans la voix, en s'élançant vers son père, assis sur l'une des chaises qui bordait la table de jardin qu'elle avait installé là. Son regard eut la fierté de ne jamais croiser celui de Cobalt, de ne pas même aller se frotter à sa présence en général –  vu la taille imposante du spécimen et celle, limitée, de la serre, ça tenait de l'exploit. "I thought we could go out to eat tonight, the three of us, as a graduation celebration?" Elle se tenait debout, faisant face à son père, ostentatoirement tournant le dos à Cobalt. Elle savait qu'il avait toujours voulu un fils. Qu'il avait passé sa vie à souhaiter transmettre son savoir. Elle comprenait qu'avec l'unique progéniture étant partie étudier à Edimbourg, la maison résonnait sous le joug du silence. Qu'il avait besoin de quelqu'un sur qui reporter ses espoirs, car l'absence ne faisait que lui renvoyer au visage le départ de son autre fille, son aînée, elle le comprenait tout ça. Mais c'était sa verrière, c'était sa journée, c'était son père, et bien qu'elle ne s'était pas connue de fibre possessive jusque là, Poppy allongea le bras jusqu'au verre de limonade qui trônait devant son paternel, et s'octroya une longue gorgée. Elle le reposa sur le fer blanc dans un claquement sec. "You, me and mum, I mean. Obviously." Elle crut entendre un ricanement dans son dos. Ou était-ce seulement les charnières de la porte qui grinçaient ? Dans un excès de mesquinerie, elle fit un pas sur le côté visant à bloquer tout contact visuel entre Cobalt et son père. Karma's a bitch : dans la manœuvre, le genou de Poppy rencontra le dos de la main de l'intrus. Elle avait beau être une femme du monde, avoir connu sa juste part de peaux masculines et n'avoir rien de facilement étourdissable, elle bondit sur le côté, comme brûlée. Et ce soir là, au restaurant, grignotant sa salade en racontant à ses parents les anecdotes les plus surréalistes de son déménagement, sous le coton de sa jupe, elle aurait pu jurer apercevoir des braises sur son genou.



when I'm with him,
there is someone with me
in my house of grief,
someone who knows
its architecture as I do,
who can walk with me,
from room to sorrowful room,
making the whole rambling structure
of wind and emptiness
not quite as scary, as lonely
as it was before.


Et qu'est-ce qu'elle avait été idiote, Poppy. Elle avait cru que cela ne pouvait pas être vrai, pas vraiment, pas tout à fait. Pas définitif. Elle avait cru qu'elle n'avait rien à craindre car elle l'avait déjà vécu, la tragédie. Elle l'avait connu, le deuil. Ils l'avaient surmontés, tous ensemble, presque vingt ans auparavant. They were done with it. Ils avaient barrés ça de la liste des possibles – car c'était déjà arrivé. Mais la mort était revenue, avait recueilli Rob Bloom entre ses bras, comme c'était prévu, à la fois en avance et pile à l'heure. La mort d'un père n'avait pas été que la mort d'un père, elle avait réouvert la plaie que Poppy avait naïvement cru cicatrisée. Son père était mort et recommençait à mourir chaque seconde depuis, à chaque inspiration qu'elle tentait de faire passer jusqu'à ses poumons. Son père était mort et, avec lui, c'était sa sœur qui mourait à nouveau.

Poppy, elle avait une sainte horreur des euphémismes. Déformation professionnelle. Alors, quand vint le moment qu'elle se lève et avance au devant de la foule pour réciter son éloge funèbre, elle n'édulcora rien. Son père était mort, et non pas disparu. Non pas parti vers un endroit meilleur. Juste mort. Bientôt enterré. Elle aurait voulu trouver les mots justes, rendre hommage à tous les succès et pardonner tous les revers. Elle aurait voulu. Mais il n'y avait plus que le désespoir pour parler en elle, pris de court, tétanisé. Le désespoir est mauvais orateur et les mots furent pâles, fades, certainement pas à la hauteur de vingt-sept ans de tendresse. Lorsqu'en rejoignant son siège, elle croisa le regard de sa mère – vide, dévasté, mort lui aussi - elle chancela. En une seconde, Basil était à ses côtés, glissa une main dans son dos pour l'empêcher de vaciller. Comme il l'avait été depuis l'annonce du cancer. Et Poppy, elle n'avait plus la force de porter la famille à bout de bras. Elle n'avait plus la force de faire semblant. Alors elle se laissa supporter, guider, et il y avait quelque chose d'intensément libérateur dans le fait de laisser quelqu'un d'autre être la béquille, le garde-fou. Cette nuit-là, se retournant dans les draps froids, les membres parcourus de spasmes, luttant contre le sommeil qui avait un arrière-goût mortuaire, elle se demanda si ça avait fait partie du plan. S'il avait tout prévu, son père. S'il avait soupçonné la fin plus proche qu'ils ne l'avaient tous pensé. Si le dernier acte paternel qu'il avait accompli était offrir une présence protectrice à la famille, une épaule pour sa fille, dont les clavicules trop chargées avaient bien fini par se briser. S'il avait mis un peu de lui dans Basil afin de se survivre à lui-même. Rejetant les draps, elle se leva. Descendit les marches pieds-nus et alla s'installer au bureau, dans le coin sud du salon. Pendant des heures, elle mit stylo contre papier. Et si, à plusieurs reprises, elle ne distinguait plus les mots entre les larmes, elle continua. Rédigea à tous ceux qu'elle aimait, un à un, un éloge funèbre. Les mots qu'elle prononcerait sur leur cercueil, si elle devait par malheur leur survivre. Les mots justes. Les mots qu'ils méritaient. Ce fut ainsi que Basil la trouva, au petit matin. Le regard fiévreux, les lèvres tremblantes. Un petit paquet de feuilles pliées posé proprement devant elle. Toutes estampillés d'un nom. Reese, Maman, Harper, Thelma, Basil... Car peut-être que le chagrin ne pouvait plus l'atteindre si elle y était préparée. Peut-être.
Elle serait prête, la prochaine fois. Third time's the charm.



the next day
i threw myself into life
uprooting myself
ripping out my weeds
i burned all of my old thoughts in a metal trashcan
and scattered the ashes in the garden of my bed;
fertilizer.


Poppy avançait vers la serre avec une certaine dose d'appréhension. Le sentiment tenace de l'avoir négligée. De s'être négligée, elle aussi, d'avoir trop laissé ses fleurs se flétrir en même temps que ses deux poumons. C'était incroyable qu'une personne aussi cartésienne qu'elle puisse avoir une telle peur d'affronter le ressentiment de ses propres plantes. Mais elle n'aurait pas su s'occuper d'elles. Ça avait été au dessus de ses forces. Car prendre soin de la terre, enfoncer ses mains dans le sol pour réparer, recoudre, sacrifier, c'était un job silencieux. Manuel. Contemplatif. Cela laissait trop d'occasions pour réfléchir et Poppy, elle cherchait l'inverse. Elle s'était occupée les pensées. Elle avait peur de ce qu'il resterait, dans son esprit, après avoir fait le vide. Elle avait peur des noyés qu'elle trouverait à marée basse.

Elle s'était occupée les pensées de la seule façon qu'elle connaissait; en plongeant dans la langue. L'analysant, la décortiquant jusqu'à la dépouiller de tout sens. Jusqu'à ce que les derniers mots de Papa, ou ceux de Basil, ne soient qu'une enfilade de morphèmes sans implication, rien de plus que la somme de leurs parties. Elle s'était enfoncée dans traités sur traités sur traités de linguistique, jusqu'à en saturer son crâne. Jusqu'à s'assurer que, venue la nuit, il s'effondre sans un bruit sur l'oreiller. Sans un errement. Trop exténué pour songer à quoi que ce soit d'autre que les métaphores conceptuelles. C'était sa lubie du moment, son dernier champ de recherche en date. "The what metawhats?" avait demandé Reese, que Poppy avait appelé à l'aide pour qu'elle vienne l'aider à déplacer son lourd bureau en chêne vers là où, le matin, il serait éclairé par le lever de soleil.
"Conceptual metaphors. It goes like this: we, being, the weak, limited human beings that we are, cannot grasp the vastness of certain concepts. Love. Life. Power. Death. So we lower them to fit our own scale; we explain love in terms of war, life in terms of a journey. We say stuff like 'he won me over' or 'I don't know where I'm going with my life', and we say it all the freaking time. It is so deeply ingrained in our minds that we don't even realize that what we're saying is poetry. Pure. Bloody. Poetry. And so, what I'm thinking is that, maybe, if you study that poetry long enough, if you can identify it perfectly in your mind, make out its shape, then perhaps you can just... Strip your mind of it. Perhaps you can kick the poetry out. Then all you'll be left with is things as they actually are. Life, death, love. Just imagine what a relief it would be. To finally be able to see them for what they are. Ultimately... insignificant." Le regard de Reese était doux, si doux, mais tellement bourré d'empathie, de douleur pour sa meilleure amie (métaphore conceptuelle : le regard est la personne), que Poppy regretta ses mots. Arrangea un bibelot sur son bureau. Haussa les épaules. "I don't know. Just think it's worth investigating. I have way too much free time anyway, so it's either that or grow weed in the greenhouse for recreational use."

Elle s'était concentrée sur les mots, plutôt que les choses. Car les mots ne font pas mal, ne font plus mal, lorsqu'on les découpe, lorsqu'on les dissèque, syllabes arbitraires gisant sur une surface froide. Mais, tôt ou tard, le monde le réclamait, elle serait forcée de revenir aux choses. À ses propres sens. Aussi, elle dût déposer son scalpel. Aller chercher son sécateur. Et retourner à sa serre. Une fois la porte de la verrière entrouverte, il était évident que les plantes étaient en mal d'attention. Qu'elle les avait laissées trop longtemps de côté. Qu'il était urgent de s'en occuper. (Métaphore conceptuelle : les plantes sont des enfants, ou les enfants sont des plantes ?) Ses yeux glissèrent le long des tulipes, de ses bien-aimées pivoines, ses lis, ses crocus, jusqu'à tomber sur les herbes aromatiques. "Oh. Fuck." Le basilique avait tout envahi. Etouffait le romarin, le thym, la camomille, la sauge, jusqu'à ce que l'entièreté du carré de terre arbore ses couleurs (métaphore : une plante est une armée). Poppy soupira. Enfonça ses genoux dans l'humus. Laissa l'odeur de tout - le basilique, le romarin, l'humidité tiède de fin de journée, la terre, ses pivoines - l'englober. Homecoming. Et se mit au travail.

A deux tiers du job accompli, son téléphone vibra dans la poche de sa chemise, 'empruntée' à son défunt père, nouée frivolement à la taille (s'il y avait bel et bien une vie après la mort, ce dont elle doutait sérieusement, Poppy était pratiquement certaine qu'il ne lui en voudrait pas de donner une seconde vie à ses Tommy Hilfiger à carreaux, aussi salissante soit-elle). Un message de Reese: "got pasta leftovers, you want to come have dinner?" Poppy répondit succinctement, "sorry, kind of busy over here. basil has taken over everything."
Elle but un coup d'eau. Ferma les yeux. Paralysant un sens pour laisser parler les autres. Nouvelle sonnerie. Reese : "WHAT THE HELL HAS HE DONE THIS TIME?????" Poppy ne comprit pas tout de suite. Laissa ses yeux glisser des herbes à son écran, de l'écran à ses herbes. Relut son message précédent. "Basil has taken over everything."

Basil has taken over everything.

Et éclata de rire. Son téléphone lui glissa des mains, alla s'écraser sur la menthe. Son rire emplit son palace de verre, s'en alla arroser ses plantes. C'était beau, c'était cathartique, c'était parfait. Basil has taken over everything. Grandiose métaphore. La plus belle de toutes. Parce qu'il avait tout envahi. Parce que, par négligence, elle l'avait laissé étouffer tout le reste. Parce qu'elle se tenait, là, depuis deux heures. Humble. Consciencieuse. A arracher du bout des doigts l'occupant. Tige par tige. Les racines étaient tenaces, elle le savait, jamais amenées à disparaître. Mais ça lui allait comme ça. Ça lui était suffisant. Délicatement, entre pouce et index, Poppy détacha une feuille de basilic du plant. La porta à son nez. C'était doux-amer. Fort. Un rien sucré. C'était suffisant.

Le lendemain, elles étaient toutes les quatre sur le front.
Thelma, Harper, Reese et elle. Au milieu de la serre. Sous les étoiles que le couchant laissait paresseusement apparaître. Poppy les avait appelées à l'aide. Elle avait besoin de mains supplémentaires pour ses grands projets de semence. Puisque cette soirée étant destinée à la productivité, elles avaient décidé que, tant qu'à faire, autant barrer plusieurs points de la bucket list en même temps. Aussi, avant demain :

22. passer la nuit dans la verrière
64. faire un voeu sur une étoile filante
81. semer des fleurs sauvages


Ou ce que Poppy aimait appeler une renaissance.
Des sachets et des sachets de graine, distribués entre huit mains. Les filles n'avaient rien dit devant l'étiquette. S'étaient contentées de sourire. Et de tout répandre.
En lettres vertes sur fond rouge, le sachet indiquait: Wild Poppy.
En dessous de l'image, un avertissement : The Poppy flower is monocarpic, it dies after flowering. Elle sourit. Releva le menton. Not this time, it won't. Not this time.

Wild Poppy, qui allait, d'ici une à deux semaines, couvrir la serre de ses pétales carmin. Reprendre sa place. Tout envahir. Poppy ne leur dit pas, garda la pensée pour elle-même comme une tiédeur au creux des côtes, mais ce soir, en les regardant toutes les trois vagabonder dans cet endroit, immuable, qui avait toujours été le leur, elle était certaine de pouvoir barrer un quatrième point. Le plus vital de tous.

32. trouver le grand amour

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Dernière édition par Poppy Bloom le Ven 20 Oct - 15:23, édité 13 fois
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Message(#) Sujet: Re: perfect graveyard of buried hopes.   Mer 18 Oct - 19:15

La douce Vikander.
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Message(#) Sujet: Re: perfect graveyard of buried hopes.   Mer 18 Oct - 19:17

toujours aussi fan de tes moodboard I love you
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Message(#) Sujet: Re: perfect graveyard of buried hopes.   Mer 18 Oct - 19:20

Palmer Rosefinch a écrit:
La douce Vikander.
Bienvenue ici. I love you

merci beaucoup toi  


Fiona Melville a écrit:
toujours aussi fan de tes moodboard I love you

t'imagines pas ma fureur le jour où mes profs m'ont dit "non, eva, tu ne peux pas faire ton mémoire sur ce que tu appelles 'la douce science exacte des moodboards', ce n'est pas un sujet suffisamment académique", j'ai pourtant essayé de leur dire que je pouvais ouvrir la voie, être une pionnière de la discipline, ils n'ont rien voulu entendre. ces vieillards psychorigides, j'te jure Rolling Eyes
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Message(#) Sujet: Re: perfect graveyard of buried hopes.   Mer 18 Oct - 19:21


et puis ce personnage de toute manière I love you
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Message(#) Sujet: Re: perfect graveyard of buried hopes.   Mer 18 Oct - 19:24

SAUF QUE, T'AS VU CE NOUVEAU VISAGE. COMMENT POURRAS-TU ME FAIRE REGRETTER MAINTENANT. HUN.

Bienvenue, t'es belle, je t'aime, laisse tomber Basil et marions-nous. Nos enfants seront tout beau, full-on scheme.

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Message(#) Sujet: Re: perfect graveyard of buried hopes.   Mer 18 Oct - 19:47

Fiona Melville a écrit:

et puis ce personnage de toute manière I love you

tu vas me faire rougir wow    


@Adrian Barsentti a écrit:
SAUF QUE, T'AS VU CE NOUVEAU VISAGE. COMMENT POURRAS-TU ME FAIRE REGRETTER MAINTENANT. HUN.

Bienvenue, t'es belle, je t'aime, laisse tomber Basil et marions-nous. Nos enfants seront tout beau, full-on scheme.  

je dirais oui, big fat oui, SURTOUT DEVANT CE NOUVEAU VISAGE (# )
si ce n'était pas pour reese, le grand amour de la life de poppy, qui ne kifferait sûrement que modérément cette option je pense. on lui demandera  

(

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Message(#) Sujet: Re: perfect graveyard of buried hopes.   Mer 18 Oct - 20:00

@Poppy Bloom a écrit:

t'imagines pas ma fureur le jour où mes profs m'ont dit "non, eva, tu ne peux pas faire ton mémoire sur ce que tu appelles 'la douce science exacte des moodboards', ce n'est pas un sujet suffisamment académique", j'ai pourtant essayé de leur dire que je pouvais ouvrir la voie, être une pionnière de la discipline, ils n'ont rien voulu entendre. ces vieillards psychorigides, j'te jure Rolling Eyes
merci toi, toujours un bonheur de te retrouver

Je me suis ennuyé, je vais pas te mentir.
Pff, elle a crée un pré-lien "love interest".

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Message(#) Sujet: Re: perfect graveyard of buried hopes.   Mer 18 Oct - 20:00

C'EST UNE BLAGUE? Même Poppy s'y met.
Vous avez bien raison, Reese n'est ABSOLUMENT pas d'accord.

Rebienvenue par là, je suis tellement contente de t'y revoir.

EDIT : ça l'était pas, mais finalement, ça va le devenir.

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Message(#) Sujet: Re: perfect graveyard of buried hopes.   Mer 18 Oct - 21:20

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Message(#) Sujet: Re: perfect graveyard of buried hopes.   Mer 18 Oct - 22:13

Cette plume, ce choix de bouille, bref, je suis sous le charme
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Message(#) Sujet: Re: perfect graveyard of buried hopes.   Jeu 19 Oct - 6:40

@Adrian Barsentti, Bon bah, Reese et Basil n'auront plus qu'à se réconforter mutuellement, just like old times right.

ajsjfmgevzkfn
bon je voulais être preums, on peut dire que c'est raté. hum.    Arrow  Arrow
je suis joie à l'état pur, et cette fiche est toujours si belle que j'en perds mes mots.  

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Message(#) Sujet: Re: perfect graveyard of buried hopes.   Jeu 19 Oct - 7:34

Vikander + Toi, meuf, t'es tellement canon.
Bienvenue ici honey, garde-moi un lien.
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Message(#) Sujet: Re: perfect graveyard of buried hopes.   Jeu 19 Oct - 10:46

Reese Windsor a écrit:
C'EST UNE BLAGUE? Même Poppy s'y met.
Vous avez bien raison, Reese n'est ABSOLUMENT pas d'accord.

Rebienvenue par là, je suis tellement contente de t'y revoir.

EDIT : ça l'était pas, mais finalement, ça va le devenir.

poppy ne se met à rien du tout sinon à la protection de reese en refusant les propositions indécentes d'adrian je signale  
omagad j'ai hâte de rp avec toi ma belle, je suis comme ça  


Seol Hwang a écrit:
Bienvenue parmi nous I love you

merci beaucoup beaucoup  


Sean Livingston a écrit:
Cette plume, ce choix de bouille, bref, je suis sous le charme
Bienvenue par ici

oh la la c'est trop adorable  
(rien à voir mais ma bff est surnommée sean depuis toujours du coup j'ai d'excellentes vibes avec ce prénom, je valide)


@Basil Cobalt a écrit:
@Adrian Barsentti, Bon bah, Reese et Basil n'auront plus qu'à se réconforter mutuellement, just like old times right.

ajsjfmgevzkfn
bon je voulais être preums, on peut dire que c'est raté. hum.    Arrow  Arrow
je suis joie à l'état pur, et cette fiche est toujours si belle que j'en perds mes mots.  

le meilleur pour la fin, tu es toute pardonnée  
je pensais finir ma fiche en deux-deux mais finalement j'ai des anecdotes à rajouter (normal, si cette fiche n'est pas 200% trop longue, ce ne serait pas drôle  Rolling Eyes ) du coup j'essaie de boucler ça aujourd'hui  

ET OH on sera gentil, tous, et on arrête la drague et la trahison sur ma fiche,
j'aimerais que ce sujet reste une drama-free zone.
merci.
 


Dahlia Greys a écrit:
Vikander + Toi, meuf, t'es tellement canon.
Bienvenue ici honey, garde-moi un lien.

d'office je te garde un lien.
cette tête.
ce pseudo.
ce personnage.
je
suis
?????

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Message(#) Sujet: Re: perfect graveyard of buried hopes.   

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perfect graveyard of buried hopes.
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