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 yet brokenly live on (basil)

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Poppy Bloom
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Message(#) Sujet: yet brokenly live on (basil)   Lun 18 Déc - 16:57

drinking game:
take a shot every time somebody asks me how you are
and I lie about knowing the answer to that question
because I never bothered to learn how to say your name
followed by the word “gone.”

Poppy est sobre. Elle prend son statut de demoiselle d'honneur très au sérieux. Ce mariage se déroule jusqu'ici bien trop smoothly pour qu'une catastrophe monumentale ne se joigne pas à la fête d'une minute à l'autre. Question de karma élémentaire. De l'astéroïde se jetant sur le chalet à une couture déchirée dans l'ourlet de la robe de Reese, Poppy a passé en revue toutes les possibilités et est entièrement préparée à les tacler une à une avec efficacité, sang froid et esprit clair, malgré la robe transparente et les escarpins vertigineux. Aussi, alors que la soirée est bien avancée, que la réception bat son plein, et que, où qu'elle se trouve, elle n'est jamais à plus de quelques mètres d'une coupe de champagne offerte, Poppy est sobre. Depuis le début des festivités, elle carbure aux flûtes de jus d'orange clairement destinées aux gosses et aux alcooliques repentis - ce qui lui valu par deux reprises des "are you expecting, dear ?" extatiques pour le moins vexants. Elle sait que ces deux vieilles chouettes sont remplies de bonnes intentions. Des amies de la famille qui ne veulent que son bien depuis que Poppy a fait grâce à Fortingall de sa réjouissante naissance; malgré cela, la seule réaction à laquelle elles ont eu droit de la part de la non-future-maman furent respectivement "oh, for fuck's sake" à 18h45 et "go to hell, Tweedledum" à 20h06. Malgré la patience quasi inexistante, Poppy a passé la soirée jusqu'ici à affûter ses people skills. Elle est sur tous les fronts, de toutes les conversations, détruit une série de crises dans l'oeuf avec mine de rien et sourire enjôleur. Sa mission : running interferences. La première de la classe a fait ses devoirs. Elle sait tout sur tout le monde et agit en fonction. MI6 en organdi et dentelle, elle court, vole. S'interpose entre les indépendantistes et les nationalistes, entre les ex-gendres et les anciennes belles mères, convainc les Remains d'aller danser et les Leaves de goûter à la pièce montée. Elle danse avec Taran, envoie ses éclats de rire jusqu'aux poutres apparentes, se fait un plaisir machiavélique de le présenter à tout Fortingall avec force "you know, the acclaimed novelist". Elle s'affaire autour de Reese, réajuste sa coiffure aux toilettes, prétend avoir besoin d'elle pour une urgence soudaine dès qu'un soporifique membre de la famille tient à féliciter la mariée pour plus de trois minutes consécutives. Même Adrian a droit à un traitement de faveur : Poppy sourit, se plie en quatre, met de l'eau dans son vin, va dans son sens dès qu'il ouvre la bouche, sans une seule exception (... ou à une seule exception près; lorsqu'Adrian, pour ce qui semble être la douzième fois en deux heures, lui demande "doesn't grey fit Bas' to perfection?" elle finit son jus d'orange cul-sec, répond d'une voix une octave trop aiguëe "Baz who? Luhrmann? I dunno, I like his work with garish colours anyway gotta go catch ya later ta ta" et disparaît dans la foule).

Poppy est sobre. Shootée à la vitamine C. Satisfaite. Tout fout le camp lorsqu'un convive, elle ignore  qui dans la confusion des visages, lui tend un téléphone sur l'écran duquel, en lettres blanches sur fond de photo de vacances à Tenerife, s'affiche le nom "Isobel Bloom". Poppy savait que sa mère cherchait à la joindre, raison même pour laquelle elle avait """par mégarde""" laissé son propre téléphone en mode silencieux, très silencieusement rangé dans sa pochette, elle-même reléguée au silencieux silence du vestiaire. Elle se croyait maligne. Délicieusement injoignable. De l'importance pour la pomme de ne jamais sous-estimer l'arbre. La mort dans l'âme, Poppy se saisit du portable. Le plaque contre une oreille, sa paume contre l'autre. Hésitante, lance un "Mum, hi...?" et se glisse dans la nuit froide. Silencieuse. Dix siècles plus tard (ou dix minutes, selon où on se place dans la théorie de la relativité du temps), Poppy, gelée, pénètre à nouveau dans la pièce commune où les rires retentissent toujours, sur fond de folk romantique. Paralysée, elle dépose le téléphone emprunté sur une table à sa droite. Murmure un "I need a drink" à personne en particulier. Epluche mécaniquement une flûte de champagne pleine des doigts d'un individu lambda. L'achève en deux gorgées désespérées. La dépose, vide, sur la même table, entre le téléphone et ses bonnes résolutions, catalogue des objets perdus en attente de retrouver leur propriétaire. Poppy scanne la pièce des prunelles, à la recherche de Taran et/ou d'un autre verre. Ne trouvant ni l'un ni l'autre, elle force le destin, se fraie un chemin vers le bar. Un amas d'hommes grands et bruyants fait office d'obstacle entre elle et l'enthousiasme liquide, mais Poppy n'est rien si pas tenace et, à coups de coudes et de battements de cils, elle parvient face au barman. Pose deux mains à plats sur le chêne, businesslike. "Champagne, handsome," avant qu'il ait eu le temps de s'exécuter, elle se penche en avant. "Be honest, do I look pregnant?" Devant le regard plus que perplexe que le type lui renvoie, Poppy hausse les épaules, jetant un rapide coup d'oeil aux alentours - "yeah, never mind, I just" - et se retrouve nez-à-nez avec Basil. Accoudé au bar. A dix centimètres d'elle. Of bloody course. Ou l'ironie du hasard; elle passe la journée à l'éviter méticuleusement (ignore her and she goes away, right?), esquive tentative sur tentative des jeunes mariés de les forcer l'un avec l'autre, deux aimants négatifs au creux d'une paume capricieuse, leur échappe avec brio et élégance. Tête haute, sourire espiègle. Il suffise qu'elle baisse la garde une seule maudite seconde et il apparaît. Absolument mythologique en gris, en effet, et s'il était à côté d'elle, Poppy se ferait un plaisir de gifler Adrian jusqu'à ce que son sourire narquois s'efface de son odieux petit visage suffisant. Elle pourrait s'en référer au protocole habituel. Murmurer une salutation gênée, une banalité confondante, ou claquer la langue et tourner les talons, au choix. A la place, elle se plante face à lui, droite comme un I. La fin justifie les moyens, et elle doit le lui annoncer de toute façon. Ce qui est fait n'est plus à faire. "My mum's on her way. Here. My mum's on her way to this very building and she should arrive in about an hour. She's gonna ask you to come have dinner at the house on Wednesday. She says she wants to catch up. If I were you, I'd start brainstorming excuses right now. Find a really good one. The woman can be relentless." Une merveilleuse idée, sur le papier, un rôti et une bouteille de vin en compagnie de sa fille, Taran et Basil. Une merveilleuse idée pour quiconque a quitté la ville en apercevant Basil soutenant une Poppy chancelante dans le rétroviseur. Une merveilleuse idée lorsqu'on pense qu'on a mis l'histoire sur pause, qu'on croit pouvoir laisser les gens dans un coin, et les récupérer des mois plus tard au même endroit, inchangés, intacts. Qu'ils se relèveront docilement, laissant une empreinte de leurs silhouettes parfaitement dessinée dans la poussière. Poppy ne ment pas. Jamais. Elle est simplement restée silencieuse pendant ces longs mois. Evasive. Serviable, n'ayant pas voulu inquiéter sa mère qui avait déjà bien trop de sujets d'angoisse sans ajouter sa cadette à la liste, Poppy a contourné la vérité. Tout valait mieux que de le lui dire. He's gone, mum. Gone. So are you. So is dad. The whole bloody lot of you. Going going gone.

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Basil Cobalt
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Message(#) Sujet: Re: yet brokenly live on (basil)   Sam 30 Déc - 4:55


the other day all the monarch butterflies were beginning to migrate
and it was like a storm of them on the freeway and they just kept smashing into
the windshield and it took everything in me to keep it together in the passenger seat.
because around this time last year, you were making winter look
like spring and the birds and the butterflies never went anywhere.
● ● ● ● ●

Basil est positivement bourré. Le champagne, qu'il a copieusement siroté depuis la pré-cérémonie, ses lèvres trempées dans le mousseux à chaque fois qu'il s'est tenu de lâcher une remarque calomnieuse dans sa véracité ou même vaguement sarcastique, parce que son silence - si pas exactement de l'or - vaut bien au moins quelques bouteilles de Veuve Clicquot. Ensuite, l'artillerie lourde, les spiritueux, il y a environ deux heures. Il pense. Expédition amorcée par Cornelia qui a voulu un martini et puis fuck it, pensé un peu trop fort, quand Basil a commandé son premier verre de whisky de la soirée. Macallan, le premier d'une longue liste. Mine de rien, il a consommé assez d'alcool pour assommer un troupeau de highlanders à Hogmanay. Il a hérité de pas mal de choses de son père, plus qu'il ne se plait à admettre. Le patrimoine est partout. La taille, les yeux, le stoïcisme, le tempérament orageux et les drinking habits. Le penchant des Cobalt pour la boisson est notable, leur réputation les précède, ils ont pratiquement du scotch qui coule dans les veines, mais ça va plus loin. Assis droit sur son tabouret, le fils est le reflet miroitant du paternel, une illusion d'optique, une fissure dans l'espace-temps. L'un comme l'autre, ils ont l'ivresse élégante et les angles adoucis par la liqueur. Posture aristocratique mais aérienne. Verbe agile mais édulcoré. L'ébriété presque imperceptible, si ce n'est le regard qui parle d'ailleurs peut-être reconnaissable aux grands connaisseurs. Et, l'un comme l'autre, à un pas du high functioning alcoholic. Basil n'est pas un ivrogne. Quoique, son père non plus. Quoique, tous les idiots qui s'accrochent un peu trop fort à leur verre quand il annonce la fermeture imminente du bar non plus. Il en a toujours été conscient, de cette épée de Damoclès qui flotte au-dessus de sa tête, de ce monstre nommé addiction qui lui souffle sensuellement dans la nuque. Éternellement lucide, parfois indifférent parce que fatalité et loi de Murphy et cynisme, même s'il espère que ces jours de sombre détachement révolus. La vérité, c'est que Basil fait attention. Il évoluerait presque avec prudence. Il connait sa prédisposition génétique, il sait qu'il a déjà un pied dans le gouffre, et la peur de se faire entièrement avaler par la dépendance est généralement assez omnipotente pour que le dernier verre soit effectivement le dernier verre. Mais pas ce soir. Ce soir, il boit pour deux. Ce mariage crie la repentance et le bonheur superficiel, forcé et illusoire. Adrian l'a confirmé à demi-mot, il est perdu et persuadé qu'il se retrouvera aux côtés de Reese. Basil a essayé - vraiment essayé - de se laisser draper dans l'euphorie ambiante, mais à défaut d'y parvenir, en conjecturer une forme artificielle semblait être l'alternative sensée. Et Dieu sait que c'est seulement grâce à ce voile de fumée sur son lobe frontal qu'il a pu supporter toute une soirée de commentaires insignifiants sur chaque détail insignifiant de la réception émis par des convives tout aussi insignifiants parce que, apparemment, son statut de témoin laisserait penser qu'il en a quelque chose à cirer. Viscéralement inapte à feindre un enthousiasme qu'il ne ressent pas, il est toutefois particulièrement prolifique dans l'art d'enrober sa lassitude dans une couche de sarcasme si épaisse que, même de près, ça y ressemble à s'y méprendre. Au fond, c'est ce qu'il ressent vis à vis de cette union sacrée, une fatigue profonde. Accoudé au bar, Basil prouve encore une fois avec quelle habilité il arrive à éviter toutes les personnes qu'il connait. Mêmes les mariés, envers lequel il a accompli son devoir mais rien de plus, le strict minimum syndical. Cornelia est en réalité l'une des seuls invités dont la présence prolongée à ses côtés ne l'éreinte pas. Sa disparition précipitée il y a exactement sept minutes l'inquiète un peu, principalement parce que le motif est resté nébuleux bien qu'explicité en long et en large avec de grands gestes dramatiques. Basil ignore s'il est supposé partir à sa recherche, pas vraiment sûr que sa présence soit requise ou même sollicitée. Dans le doute, il reste cloué au sol, et encore plus quand une voix familière le fige complètement, whisky au bord des lippes. Be honest, do I look pregnant? Il devrait rester silencieux, prétendre nager dans l'ignorance totale, mais c'est plus fort que lui et il ricane dans son verre. Quand Poppy ne disparaît pas à nouveau dans la foule, il sait qu'il s'est fait repérer. Quand son soprano s'élève à nouveau, il pense bloody hell Bloom, don't you ever learn? Or I could just, you know, ignore her. Du coin de l'oeil, Basil l'observe furtivement, précautionneusement, sans jamais s'attarder. Il est vraiment très très bourré. Assez pour craindre le pire : s'il venait à commencer à regarder, ne plus être capable de s'arrêter. Le ton, lui, est léger. L'acidité usuelle diluée dans l'alcool jusqu'à qu'il n'en reste plus qu'une petite morsure facétieuse. Private joke inoffensive, comme si c'était approprié. Lui, dans tous les cas, a décidé qu'il en rirait ce soir. Worry not. In an hour time, I'll be long gone. Moved onto better things and all that good stuff. Tell her whatever you like. Un moment qu'il a commencé à la sentir, cette agitation qui remue a l'intérieur de ses os. L'envie indescriptible d'aller goûter au froid sibérien, de sentir son cœur tambouriner contre sa cage thoracique, se défaire une bonne fois pour toutes du confinement du costume-cravate. Basil est à un verre près de commettre quelque chose d'invariablement stupide. Il en est parfaitement convaincu en finissant le sien d'une traite. A peine posé que le comptoir qu'il est aussitôt rempli. Le service doit être salué. L'index qui vogue sur le rebord du cristal, il hésite. Résister ne devrait sans doute pas être aussi difficile. Fuck it, en effet. L'arôme envahit ses sens, le liquide brûle les parois de sa gorge. Have you considered telling her the truth? For its most passionate advocate, you sure like to muffle it so its sits well with sensitive stomachs. Si la soudaine apparition de Poppy et l'annonce de l'arrivée imminente de la matriarche devaient être interprétées comme quoi que ce soit, ce serait un catalyseur - censé non seulement le conforter mais aussi le presser dans son envie de foutre le camp. Il en a donné à cette soirée, suffisamment pour se soustraire au protocole social, s'épargner les justifications soufflées entre les dents. Basil est lui-même plutôt adepte de la vérité, jusqu'au moment où ça ne l'arrange plus. Il peut aisément comprendre pourquoi Poppy a préféré la taire. Chaque fois qu'un "but what happened?" faussement attristé-slash-surpris a été émis à son égard, il s'est contenté d'hausser les épaules évasivement. Que c'était-il passé ? Ce qui se passe à chaque fois. Rien, tout. La vie et, dans ce cas précis, surtout la mort. Tout de suite, il n'en a pas grand chose à foutre qu'elle dise tout à Isobel. Elle devrait. Elle aurait déjà dû savoir. Qu'ils partagent la culpabilité. She'll end up finding out soon enough anyway. Peut-être que, comme ça, une autre des cordes qui le gardent amarré aux Bloom finira elle aussi par lâcher. Le peu qui restent sont en pleine décomposition et il est temps de prendre le large. Les yeux sur la porte, Basil pense à sa fuite et qu'il n'a aucune idée d'où aller si ce n'est là où ses pieds le mèneront. Il pense que, encore une fois, il est sur le point de laisser Poppy livrée à elle-même.

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―― it splinters softly. not a supernova, you could’ve handled an explosion. just this: shifting eyes, shifting hearts. you never paid attention in geography but you know about continental drift, and this is it. countries falling away, peeling apart.

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Message(#) Sujet: Re: yet brokenly live on (basil)   Mer 3 Jan - 15:33

Or I could just, you know, ignore her. Et si Basil est depuis longtemps redevenu ce qu'il aurait toujours dû rester, un étranger, elle le connaît tout de même mieux que ça. Il est caustique, imprudent, apathique. Indélicatesse qu'il a fini par confondre avec du sarcasme. Tout le monde y croit. Ça avait le don de la rendre folle, à l'époque. Petit à petit, la frustration s'est fondue en amusement. Elle se mordait la lèvre, lui coulait un regard en coin dont elle a le secret, celui qui véhicule reproche appréciateur et approbation réprobatrice à parts égales, oxymore inspirée lourdement par celui qui ne lui avait jamais inspiré que ça. Elle levait les yeux au ciel. Riait. I feel like I'm teaching 'people' as a second language, here. Basil est bien des choses, traîne les adjectifs défavorables comme une cloche pour un lépreux. Mais il n'a jamais été cruel. Pas gratuitement. Pas délibérément. Pas avec elle. Entrant tête la première en collision avec le mépris nonchalant, Poppy en a le souffle coupé. Just, you know, ignore her. Même pas fichu de la regarder. D'orienter son regard impérial vers sa vicinité générale. Il l'a réduite à ça. Une nuisance bénigne. Si Poppy est destinée à être une plaie, elle se voudrait au moins biblique. Toute puissante. La grêle qui perce la peau. Il ne baisse même pas les yeux. Elle est insecte, chassée d'un revers paresseux de main - ignore her and she goes away. Le mariage est festif, féérique, feutré. Il y a les lanternes, les bougies, le champagne, le cacao, le folk, les éclats de rire, les flocons. Sur la piste, trois petites filles font une ronde. Derrière Poppy, le troupeau de types bruyants joue à Never Have I Ever avec des bouteilles de Carlsberg. Chacun vit sa vie, insouciant, tandis qu'elle se fait poignarder près du bar. Mourir seule avec des dizaines de témoins. Il n'a jamais été cruel, jamais à ce point. Mais s'ils ne sont pas cruauté, les mots de Basil sont alors simple cécité et elle ne sait pas ce qui fait le plus mal. Qu'il veuille la blesser ou qu'il ait tout oublié d'elle. Elle inspire profondément et l'oxygène fait trembler sa cage thoracique fendue. Elle jurerait entendre ses côtes siffler. Ses yeux voyagent du verre ambré de Basil, rempli dès qu'il le repose sur le bar, à la veine discrète le long de sa tempe. Celle dans laquelle elle voit son pouls - il aurait donc un coeur, même si tout pointe vers le contraire. Calcul élémentaire du 'il est toujours ici après qu'elle lui ait adressé plus de quatre mots à la suite' et le verre qui se remplit miraculeusement. L'espace d'une seconde, Poppy considère ses options. Se mordre la langue jusqu'à colorer son champagne fraîchement servi en rouge, mettre les voiles avant que cela ne dégénère, avant que la conversation ne cesse d'être civile. Ou tenir bon. Stand her ground. Profiter du fait que le whisky a remplacé l'hémoglobine dans les veines froides de Cobalt pour espérer en tirer quelque chose. Naïve. Idiote. Masochiste, à ce stade. Il prend la décision à sa place. L'épingle sur place avant qu'elle ne puisse tourner les talons. Moved onto better things. Tell her whatever you like. Poignard poignard poignard, et il ne s'en aperçoit même pas. Il ne voit rien. Comment pourrait-il, quand ses yeux sont rivés droit devant, sur le bar, là où elle est invisible ? You sure like to muffle it so it sits well with sensitive stomachs. Double métaphore conceptuelle dont Poppy se régalerait si elle n'était pas positivement gelée. Dieu sait qu'il fait presque étouffant dans cette pièce, addition logique d'alcool et feu ouvert. Malgré la chaleur, Poppy s'est faite glace. "The guy has provided you with a livelihood and you can't even man up long enough to say hello to his widow?" Elle est abasourdie. How ironic. Qu'au milieu de sa tapisserie de mépris, ce soit ce détail qui ait le plus retenu son attention. Le fait qu'il soit déterminé à filer sans même saluer sa mère. Subitement, elle fond. Son poing se serre et sa poitrine gronde, blessée. "Fuck you, Cobalt. Fuck you and your bloody aloofness." Les yeux de Poppy glissent le long du profil de Basil, apparemment toujours pas déterminé à lui offrir plus que ça, l'arrête de son nez et du frostbite. Tombent sur le barman, bouteille de whisky en main, qui les observe, yeux ronds et la bouche entrouverte. Elle lui lance "trust me, if you have a soul, you're on my side," entre deux rangées de dents serrées, tandis que son poing se ferme autour de la coupe de champagne pleine devant elle et la soulève. Elle s'apprête à tourner les talons, à battre en retraite, filer se mettre en sécurité. Là où le dédain de Basil ne peut pas la taillader - il verrait la flaque de sang à ses pieds s'il était foutu de baisser les yeux. Elle s'apprête à disparaître, sauf que non, ce serait trop facile, n'est-ce pas exactement ce qu'il veut ? Elle repose la coupe et dépose sa paume à plat sur le sommet du verre de Basil avant qu'il ne puisse le porter à ses lèvres. Attire le contenant vers elle, tandis que son regard furieux perce un trou dans la joue de Basil. "Tell the truth? And what truth would that be, exactly? Beats me. If she finds something out, what’s it gonna be, Basil? Because I'm certainly dying to know. So if you're that keen on truth all of a sudden, c'mon, give me a bone to throw to the poor woman. Be my guest. Because 'oh well, he patiently waited for Pa to drop dead so he could stop pretending he ever gave a shit about us' is definitely not gonna cut it for her. But it's the only truth I have." Et c'est long, trop long, trop honnête, trop brute, trop à vif. Les lames dans sa voix, les mots sur le fil du couteau, indiquent tout cela et plus. Ce n'est ni le moment, ni l'endroit. Mais for fuck's sake, elle n'en peut plus. Ce n'est pas juste qu'elle porte cette douleur à bout de bras depuis des mois tandis qu'il raille, grince, soupire, griffe, boive car ce sont leurs maudites personas, car il est loup et elle est fourmi. Elle est stoïque, elle subit, elle se tait et encaisse, appose patiemment sparadraps sur lacérations. Alors elle a pris son verre en otage, car elle veut qu'il tourne la tête vers elle, enfin, finalement, pour une fois, afin que ce lâche arrête de prétendre que Poppy est entière dans le simple but de ne pas avoir à confronter le fait qu'il a toujours le couteau dans la main.

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Message(#) Sujet: Re: yet brokenly live on (basil)   Jeu 1 Fév - 5:45

Parler de routine serait invraisemblable, le caractère habituel a disparu depuis trop longtemps pour ça. Mais ça reste étroitement familier quand même, comme se glisser dans de vieilles chaussures oubliées dans le fond d'un placard et découvrir avec saisissement que la pointure est toujours la bonne. Peut-être que, au final, c'est exactement comme nager; impossible à désapprendre. Les années écoulées n'ont pas d'importance, le corps se souvient et adopte machinalement les bons gestes dès qu'il commence à fendre l'eau. Les piques fusent. S'il est supposé se les prendre de plein fouet, alors l'anesthésiant est encore plus puissant que prévu. Elles ricochent mollement avant de tomber à ses pieds. Mutinerie devenue presque ordinaire, une relique d'un passé qui ne semble soudainement plus si éloigné que ça, ultimement inoffensive. Basil ironise. Il hausse les épaules, il lèves les yeux au plafond, il soupire dramatiquement. Quelque part dans son esprit embrumé, il parvient aussi à trouver une sorte de réconfort. L'impression déjà-vu est si poignante qu'il aurait pu jurer avoir vécu cette exacte même scène à quelques détails près. Et s'ils parvenaient à revenir à leurs vieilles habitudes, peut-être que, après tout, les choses n'ont pas tellement changé. C'est entièrement fallacieux, il en est conscient, mais son état rend la saveur distinctement métallique du mensonge facile à ignorer, noyé dans le whisky incendiaire. Adrian et Reese sont maintenant mariés happily ever after, au moins pour les quelques mois à venir où ils seront tellement obnubilés par leur phase de lune de miel qu'ils en oublieront le monde extérieur. Et sans leur dénominateur commun, Poppy et Basil ne sont plus personne l'un pour l'autre. Si Basil a appris quelque chose dernièrement, c'est que cette foutue ville est définitivement assez grande pour eux deux, le rappel cinglant de ce qu'ils sont dans leur essence : des lignes parallèles, destinés à vivre côte à côte sans jamais se croiser. Il y a du soulagement dans cette prospective, mais aussi de l'amertume. Une certaine lucidité et une mélancolie qu'il ne peut admettre que sous l'influence de l'alcool. The guy has provided you with a livelihood. L'attaque est transparente. Le sous-entendu insidieux, la provocation limpide. L'évocation à sa dette est un coup sous la ceinture, aussi facile qu'efficace. Une heure plus tôt, il aurait peut-être tiqué. La veille, il aurait certainement vu rouge. Demain, il se réveillera possiblement avec un sale goût dans la bouche. Mais, tout de suite, il sourit dans son verre, parce qu'il est trop ivre pour prétendre ne pas vouloir s'accrocher à ce petit bout de bon vieux temps. Du coin de l'œil, il la voit bouger, s'adresser au barman et saisir sa coupe. Il suppose qu'elle en a fini avec lui en l'en remercie silencieusement - l'échange aura été divertissant parce que la dose infime, plus et l'issue devient imprévisible, dangereuse. Basil est pratiquement certain qu'elle est partie quand son whisky quitte subitement sa paume. Il suit le verre des yeux et, force d'attraction oblige, atterrit immanquablement sur le visage furibond de Poppy. Il a toujours pensé qu'elle tenait davantage de sa mère. La silhouette de funambule, le cou gracile, le menton patricien. Robert Bloom, à l'élégance plus brute, presque entièrement invisible dans sa physionomie. Il émerge parfois, discrètement, dans sa façon de sourire ou de froncer les sourcils. Basil blâme les jeux d'ombres et son jugement obscurci par l'alcool, mais, à l'instant, elle ressemble si nettement à son père que l'envie de détourner le regard vire pressante, absolue, seulement vaincue de justesse la sensation d'être cloué sur la place. Parce que merde, il a regardé. Ses propres traits sont colorés par la surprise, actuellement impossible à dissimuler. Il est sur le point de laisser échapper qu'il n'a pas cherché à la contrarier mais se retient juste à temps, incertain de la pertinence de l'intention - il n'a jamais eu besoin d'essayer, la cruauté est une seconde nature. A la place, il écoute. Et quand elle a fini, il est revenu à son détachement habituel, perceptiblement du moins.   The tip of your nose gets really red when you're angry. Are you aware of that? It's infuriating. Il désigne son verre volé du menton. Keep it. You clearly need it more than I do. Il se retourne en direction du bar et constate que le barman a déserté son poste. Le vide dans sa main droite se fait lourdement sentir et il maudit Poppy pour l'avoir fait fuir. A l'époque, il aurait sans doute trouvé une gratification malsaine à lui inspirer une telle réaction. Il l'aurait regardée s'effondrer sous le poids de sa propre colère comme un château de carte, forcée à confronter ses imperfections droit dans les yeux, encore plus satisfait parce qu'il en serait l'origine. Il aurait admiré le spectacle, fier d'avoir accompli l'impensable : se glisser à travers les défenses de la reine de glace en personne. Plus maintenant. Il la fixe, poings fermés, l'un autour de son verre et l'autre contre sa cuisse, en ébullition, furie à peine contenue, et ça semble trop ironique pour être vrai. Qu'elle déverse sa rage sur lui quand il n'en veut plus. Elle est toujours là, prête à exploser, et le problème avec une Poppy inflammable c'est qu'il ignore ce qu'il est supposé en faire, comment l'appréhender. What is it exactly that you want from me? You can't even man up long enough to say hello to his widow? Basil n'a jamais menti sur qui il est, jamais prétendu en être un autre. Il agit par envie, par dépit, sous l'impulsion, par besoin de prouver, par rancœur, parce qu'il peut. Mais pas par contrainte, incorruptible dans son insubordination à qui ou quoi que ce soit, même sa propre conscience. Basil gouverne Basil, une autocratie tyrannique qui ne laisse aucune place pour le pointage du droit. S'il est destiné à être déçu, qu'il en soit ainsi, du moment qu'il se l'inflige lui-même. S'il n'est pas méticuleux, Basil est résolu et arrêté, l'architecte de sa propre fatalité, ne laisse personne décider à sa place. Pour s'épargner une conversation pénible, il filerait sous le nez d'Isobel si c'était ce qu'il avait décidé de faire. Fact. Trop orgueilleux pour la vérité, incapable de se résoudre au mensonge, le choix est vite fait. Effacer Poppy de sa vie, ça a été le fruit du même cheminement. L'ego protégé par le silence, en sécurité dans son cocon de mutisme. Et il n'est pas censé le briser, pas ce soir, jamais. Mais Adrian et Reese viennent tout juste de se marier, et la journée s'obstine à s'étendre encore et encore, et le whisky a rendu sa bouche pâteuse, a tourné sirupeux dans ses veines, et elle se tient devant lui, combustible. Peut-être qu'il devrait dire quelque chose. Finalement, il ne lui laisse pas le temps de répondre. The truth? Fine. You're right. I stopped pretending. I stopped pretending that his death didn't change everything. Then I took the easy way out because it was convenient at the time, because that's what I do. But so did she. That's what you should talk to your mother about. Le ton est plat, remarquablement égal. Alors qu'elle se fait doucement consumer par la rage, il s'est fait placidité et c'est le comble de l'ironie.

_________________
―― it splinters softly. not a supernova, you could’ve handled an explosion. just this: shifting eyes, shifting hearts. you never paid attention in geography but you know about continental drift, and this is it. countries falling away, peeling apart.

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